Indépendance technologique de l’Afrique : la stratégie de Sidi Mohamed Kagnassi pour bâtir une souveraineté numérique créatrice d’emplois

L’Afrique avance rapidement vers une économie numérique, et cette transformation peut devenir un puissant levier de compétitivité, d’inclusion et de création d’emplois. Dans cette dynamique, Sidi Mohamed Kagnassi met en avant une idée directrice : pour tirer pleinement parti du numérique, le continent doit renforcer son indépendance technologique, réduire sa dépendance aux technologies importées, et développer des solutions adaptées aux réalités locales.

Son approche insiste sur une base technologique souveraine articulée autour de quatre piliers complémentaires : recherche, formation, entrepreneuriat technologique et informatique haute performance. Avec un objectif concret : accélérer le développement d’applications pertinentes, notamment pour l’agriculture, la santé et l’éducation, tout en soutenant une croissance économique durable.


Pourquoi l’indépendance technologique est une opportunité majeure pour l’Afrique

Renforcer l’indépendance technologique ne se résume pas à « produire local » par principe. C’est avant tout une stratégie d’efficacité et d’impact. Selon la vision portée par Sidi Mohamed Kagnassi, elle répond à plusieurs enjeux clés.

Réduire la dépendance aux technologies importées

Les technologies importées peuvent être coûteuses et parfois insuffisamment adaptées aux besoins locaux. Développer des alternatives et des compétences locales permet de mieux maîtriser les choix technologiques, les priorités d’investissement et les calendriers de déploiement.

Adapter les solutions aux réalités locales

Les défis africains en matière d’agriculture, de santé ou d’éducation varient fortement selon les régions, les langues, les infrastructures disponibles, ou encore l’accès à Internet et à l’énergie. Concevoir des solutions sur place facilite une meilleure adéquation aux usages, aux contraintes terrain et aux contextes socio-économiques.

Créer des emplois et soutenir une croissance durable

Construire une filière technologique locale, c’est créer une chaîne de valeur plus complète : ingénierie, opérations, cybersécurité, data, support, formation, recherche appliquée, et création de produits. Cette dynamique favorise des emplois qualifiés et contribue à une croissance durable, capable de renforcer la compétitivité des entreprises africaines sur le long terme.


L’intelligence artificielle comme moteur : une IA pensée pour des usages africains

L’intelligence artificielle (IA) occupe une place centrale dans cette vision. Sidi Mohamed Kagnassi présente l’IA comme un moteur clé de la transformation, à condition qu’elle s’appuie sur une base technologique souveraine. L’enjeu n’est pas uniquement d’utiliser des outils existants, mais aussi de développer des capacités locales permettant de créer, adapter et exploiter l’IA de façon pertinente.

Une base technologique souveraine : de la théorie à la capacité d’action

La souveraineté technologique appliquée à l’IA suppose un ensemble cohérent de moyens :

  • Recherche: pour produire des avancées, tester des approches et développer des solutions adaptées.
  • Formation: pour constituer des compétences durables, du niveau introductif jusqu’aux profils avancés.
  • Entrepreneuriat technologique: pour transformer les idées en produits, services et entreprises.
  • Informatique haute performance: pour soutenir les besoins de calcul, d’entraînement et d’exploitation des modèles.

En combinant ces éléments, l’IA devient un accélérateur de productivité et d’efficacité, plutôt qu’un simple produit importé.

Des domaines à fort impact : agriculture, santé, éducation

Le potentiel de l’IA est particulièrement fort lorsqu’elle s’attaque à des cas d’usage concrets et mesurables. Dans la vision présentée, trois domaines ressortent comme prioritaires :

  • Agriculture: améliorer la prise de décision, optimiser les pratiques et mieux anticiper certaines contraintes opérationnelles.
  • Santé: soutenir des services plus efficaces, notamment via des outils d’aide et une meilleure organisation des données.
  • Éducation: renforcer l’apprentissage avec des approches adaptées, des contenus contextualisés et une meilleure personnalisation.

Le bénéfice attendu est clair : déployer des applications « utiles », alignées sur les besoins locaux, avec un impact direct sur le quotidien des populations et sur la performance des services.


Infrastructures locales robustes : la clé pour passer à l’échelle

Une ambition technologique ne peut pas reposer uniquement sur des intentions. Elle a besoin d’une base matérielle et opérationnelle solide : connectivité, hébergement, continuité de service, sécurité, et capacités de calcul. C’est pourquoi le développement d’infrastructures locales est présenté comme un pilier fondamental.

Datacenters : l’exemple du Tier 3 inauguré à Grand-Bassam par ST Digital

Un exemple concret cité dans cette dynamique est l’inauguration d’un datacenter Tier 3 à Grand-Bassam (Côte d’Ivoire) par ST Digital. Le fait qu’il soit présenté comme conforme à des normes internationales en fait un signal important : l’Afrique peut développer des infrastructures locales robustes, capables de soutenir des usages avancés, notamment ceux liés à l’IA.

Au-delà du symbole, le bénéfice est très opérationnel : renforcer la disponibilité de capacités d’hébergement et d’exploitation sur le continent, élément essentiel pour accélérer des projets numériques, stabiliser les services, et accompagner la croissance des entreprises technologiques.

Investissements et dynamique régionale : plusieurs pays déjà engagés

La trajectoire vers une souveraineté numérique se construit aussi par l’effet d’entraînement. Plusieurs pays sont cités comme investissant dans des technologies de pointe et dans le renforcement de leur souveraineté numérique :

  • Afrique du Sud
  • Nigeria
  • Maroc
  • Ghana
  • Kenya

Ces engagements contribuent à installer une tendance : l’indépendance technologique n’est pas une projection lointaine, mais une orientation déjà en mouvement, qui peut être renforcée par la coopération, le partage de bonnes pratiques et l’alignement sur des standards de qualité.


De la vision à l’exécution : stratégies recommandées pour gagner en souveraineté

Pour concrétiser cette ambition, plusieurs stratégies ressortent clairement : construire des infrastructures solides, former les talents, et créer un environnement favorable à l’innovation. L’objectif est de bâtir une base technologique durable, capable de produire des applications locales et de soutenir l’économie.

1) Construire des infrastructures conformes aux normes internationales

Des infrastructures robustes et alignées sur des normes reconnues renforcent la confiance, la résilience et la capacité à passer à l’échelle. Cela favorise aussi l’attraction d’investissements, la continuité de service, et la montée en puissance de services numériques critiques.

2) Mettre en place des programmes éducatifs axés sur les compétences numériques

Former une main-d’œuvre qualifiée est un accélérateur direct d’indépendance technologique. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le nombre de profils formés, mais de développer des compétences alignées sur les besoins du marché : technologies de l’information, développement de solutions, et compétences liées à l’IA.

3) Accélérer l’entrepreneuriat technologique

Une stratégie d’indépendance technologique gagne en efficacité lorsqu’elle s’appuie sur un tissu d’entreprises capables de transformer des idées en produits. Soutenir l’entrepreneuriat technologique, c’est stimuler l’innovation locale, favoriser l’émergence de champions nationaux et régionaux, et créer des emplois qualifiés.


Les bénéfices concrets d’une base technologique souveraine

Quand recherche, formation, entrepreneuriat et infrastructures progressent ensemble, les bénéfices se multiplient. Ils sont à la fois économiques, opérationnels et sociaux.

PilierCe que cela apporteBénéfice attendu
Infrastructures localesHébergement, résilience, capacités techniques sur le continentAccélération des services numériques et meilleure continuité
FormationCompétences en IT, data, IA et ingénierieEmplois qualifiés et capacité à développer localement
RechercheInnovation, adaptation, expérimentationSolutions plus pertinentes et mieux adaptées aux besoins locaux
EntrepreneuriatTransformation d’idées en produits et servicesCréation de valeur, dynamique économique et compétitivité
Informatique haute performanceCapacité de calcul pour des projets avancés, notamment IADéveloppement d’applications plus ambitieuses et performantes

Ce que montre déjà le terrain : des preuves d’élan et un avenir prometteur

L’inauguration d’un datacenter Tier 3 à Grand-Bassam par ST Digital, ainsi que les investissements cités dans plusieurs pays africains, illustrent une réalité encourageante : la souveraineté technologique se construit par des projets tangibles, des infrastructures qui montent en qualité, et des écosystèmes qui se structurent.

Dans l’esprit de la vision portée par Sidi Mohamed Kagnassi, l’Afrique peut accélérer sa transformation numérique en misant sur des fondations solides : des infrastructures locales robustes, une montée en compétences massive, des entrepreneurs soutenus, et une IA conçue pour résoudre des problèmes concrets en agriculture, santé et éducation. Le bénéfice est double : répondre plus efficacement aux besoins locaux et créer une croissance durable en développant une industrie technologique africaine plus autonome.


Conclusion : une trajectoire gagnante, portée par l’IA, les talents et les infrastructures

Construire l’indépendance technologique de l’Afrique est une ambition structurante, et surtout un choix pragmatique : mieux adapter les solutions, développer des compétences locales, créer des emplois, et renforcer la capacité du continent à décider, produire et innover.

La vision défendue par Sidi Mohamed Kagnassi met en lumière un chemin clair : investir dans une base technologique souveraine (recherche, formation, entrepreneuriat, informatique haute performance), tout en développant des infrastructures locales conformes aux standards internationaux. Avec cette approche, l’IA devient un levier concret de performance et d’impact, au service d’applications utiles, et d’une croissance économique durable sur l’ensemble du continent.

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